Tout se passe à l'intérieur.

Tout se passe à l'intérieur.
Etrange sensation depuis ce mardi dont la noirceur m'assombrit encore le coeur. C'est un ami qui me dit hier: "finalement, pour être restés ensemble plus d'un an, je trouve que vous êtes encore "bien" malgré votre séparation!".
C'est sûrement cette impression-là que je donne... Je remplis mon agenda d'un tas de trucs, je téléphone à plein de gens, je me lance des défis, je file à l'autre bout du canton pour tout et n'importe quoi. Je fuis. Je fuis mon corps que je déteste. Je fuis ma tête qui ne se vide pas. Je fuis mon coeur qui me fait trop mal.
A l'extérieur, je parais forte, peut-être même détachée de ce qui m'arrive. Mais c'est en moi que la souffrance gronde. Je suis impuissante face à un amour si grand, mais que je n'arrive plus à soutenir. Je suis impuissante aussi par rapport aux désirs d'avenir qui m'habitent tellement qu'ils ne laissent plus de place à autre chose.
Je suis surtout si triste à la table familiale, seule face à des yeux qui brillent, alors que je sais que les miens brillaient aussi quand ils croisaient les siens. Je suis surtout si triste en pensant qu'il pourrait noyer son chagrin dans les bras d'une autre. A dire vrai, cette idée m'est insupportable. Tellement que chaque bouchée de nourriture que j'avale m'est pesante. Je n'ai plus faim. Je n'ai plus sommeil. Je ne l'ai plus, lui, c'est la seule explication.
Et le pire, c'est que je l'ai décidé. Pourquoi n'ai-je donc pas plus de force que cela?


Image: Stockholm, été 2009.
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# Posté le samedi 26 septembre 2009 15:37

Modifié le samedi 26 septembre 2009 16:34

Soir de solitude.

Soir de solitude.
Rien ne sort de moi, pas un son, pas un sanglot. Rien. Mais au plus profond de moi bouillonne une profonde douleur. C'est fini. Nous avons décidé de... Je ne peux même pas le dire tant cela me paraît inconcevable.

J'ai mal, tellement mal. Mais pour préserver ce qui nous unit encore, je ne voyais pas d'autre solution que de cesser de nous torturer mutuellement.

Marcel Proust écrivait: "il n'y a pas de réussites faciles ni d'échecs définitifs". Je me le répète pour ne pas sombrer.

# Posté le mercredi 23 septembre 2009 14:29

Modifié le samedi 26 septembre 2009 16:35

Il faut parfois écouter les paroles...

En écrivant, j'écoute un peu de musique suisse-allemande, parce que cela me met toujours de bonne humeur, en général... Je cherche un peu sur Youtube, je trouve "Heimweh" de Plüsch... J'ai toujours aimé cette chanson, mais là, je me donne de la peine et j'écoute les textes... Ils parlent de... moi!

"Si seit: I ha ke Luscht meh ds blibe
I ghöre eifach nid dahi
Ha zwar alls probiert, doch das isch eifach nüt für me"



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# Posté le dimanche 13 septembre 2009 09:30

Bilan de l'été.

Bilan de l'été.
En terminant mes vacances, je me sentais pleine d'une énergie nouvelle. J'avais cette impression de m'être enfin retrouvée, la vraie Céline, celle qui se fout de ce qu'on peut penser d'elle, qui fait des projets, qui rêve à nouveau. Cet été, j'étais libre. Cet été, j'étais moi. Enfin!
J'ai passé 4 jours en solitaire, j'ai marché 85 km toute seule, et j'ai adoré ça. Chaque personne que je saluais en chemin, chaque son de cloche au loin, chaque rayon de soleil sur les sommets me faisait sourire. J'ai pleuré aussi, parce que ça aussi, c'est moi. Alors arrivée au Glaubenbielen le 4ème jour, j'ai laissé les larmes couler sur mes joues. Parce que c'était beau d'être là. Parce que j'étais fière de moi. Parce que j'étais fatiguée, mais tellement heureuse. Parce que je pensais à ce que ma vie pourrait être si j'écoutais mon coeur. Parce que je me suis promise de réaliser mes rêves ...

Puis, j'ai renoué le contact avec mes racines, avec mes amis, avec mes "collègues" paysans du village... J'ai travaillé une semaine chez mes voisins, trait, fait les regains, fait du bois, des parcs, et là aussi, le dernier jour, je pleurais. Quitter les vaches, quitter ces gens qui m'ont fait confiance, quitter ce rythme... Trop difficile...

Je me suis occupée de mes "touristes" aussi, avec toute ma patience et mon énergie. Parfois, ils sont pénibles, parfois, adorables. C'est comme ça, les humains... Il faut garder en tête leurs bons côtés et oublier les mauvais. Ce que je n'arrive pas toujours à faire...

J'ai vu cette annonce, "Super cheval, 7 ans, cherche cavalière". J'ai réfléchi, mais pas longtemps... Parce que pour moi, c'était un signe du destin. Alors j'ai appelé, et la dame m'a dit qu'elle n'allait jamais trouver mieux que moi pour son cheval... Je vais l'essayer lundi, demain. J'ai un peu peur de ne plus être aussi bonne cavalière, mais en même temps, je sais que mon instinct sera le bon. J'espère que Brouckli me verra depuis où il est...

J'ai passé une belle semaine de cours pour terminer cet été, sur le thème de l'agrotourisme. J'y ai vu des choses qui m'ont touchée au plus profond de mon coeur. Dans cette cuisine qui sentait bon la confiture, avec cette famille qui travaillait dur, ensemble, j'étais tellement émue. Je pense que quelqu'un l'a vu.
Mais ce week-end, j'ai dû revenir à la réalité. J'ai pris ce train pour retourner là-bas, mais je n'avais qu'une envie. Courir. Loin. On a été travailler ensemble, et je dois bien me rendre compte que cela n'est pas ce que je pensais. Il me regarde et me dit: "alors, cette semaine sur l'agrotourisme, ça t'a appris quoi?". J'aurais eu envie de lui dire que ça m'a appris que je pensais qu'un jour, c'est ce que je ferais. Mais j'ai tourné la tête, et j'ai dit des trucs sans importance. Il a répondu "de toute façon, sur une ferme d'une certaine taille, je pense que ça n'est pas possible". C'est comme s'il m'avait lancé un couteau en plein coeur... Là aussi, j'aurais pu pleurer. Mais, cette fois, pas de joie...

Que dois-je faire? On avait pourtant passé de belles vacances ensemble, quelques jours en France, où tout semblait mieux aller. Mais on recommence l'école, on recommence à parler de l'avenir, et tout à coup, j'ai à nouveau peur de tout et je ne crois plus à rien... Vivement demain. A cheval, je me sens toujours mieux!

# Posté le dimanche 13 septembre 2009 05:08

Tout a un goût tellement amer...

Je m'en veux. Je suis là, jeune, en bonne santé, avec une bonne formation, une famille qui m'entoure et me soutient, des amis présents et toujours prêts à faire la noce, un copain qui fait tout pour que je sois heureuse. Et je traîne chaque jour cette foutue envie de pleurer, parce que justement, malgré tout, je ne suis pas si heureuse. Et là aussi, je m'en veux. Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à me satisfaire de la relation qu'on a construite tous les deux? Pourquoi est-ce que quand j'y pense, j'angoisse à chaque fois? Pourquoi est-ce que quand je descends du train pour le retrouver, j'avale ma salive avec peine, comme un de ces héros de dessins animés qui se retrouverait devant un gros monstre aux canines acérées?

Lui et moi, ça avait pourtant commencé comme un conte de fées, avec des projets fous plein la tête, des points communs à n'en plus finir. Puis la réalité nous a rattrapés, enfin m'a rattrapée surtout... L'environnement dans lequel évolue notre couple m'angoisse et m'oppresse tellement que j'en ai un peu perdu de vue la petite étincelle du début. On a toujours dit qu'on surmonterait toutes les difficultés, ensemble, mais là, je ne m'en sens juste plus capable. Bien sûr que j'aime sa famille, mais je ne suis pas sûre que je puisse supporter encore bien longtemps les non-dits qui y règnent ni les altercations, souvent larvées mais néanmoins constantes. Pas sûre que je puisse rester longtemps la confidente de chacun sans que personne ne se soucie de mes difficultés à moi. Pas sûre que je sois la belle-fille idéale, qui vive dans l'appartement du dessus et travaille avec tout le monde sur la ferme, sans jamais faire un commentaire. Je voulais arriver à être cette fille-là, mais je dois aujourd'hui admettre que je n'y arriverai pas. Alors lui, pour nous sauver, lui, mon preux chevalier, il serait prêt à tout lâcher, cette ferme dans laquelle il a grandi, ses amis, sa famille, tout pour qu'on reconstruise ailleurs et autrement, ensemble.

Belle preuve d'amour, mais que je ne peux pas me résoudre à accepter. Le déraciner, ce serait lui faire subir ce que j'ai vécu durant cette première année passée à ses côtés. Exclu! On voit sur moi ce que ça donne, quelqu'un qui abandonne tout par amour et qui se perd en chemin.

Parce que oui, je me suis perdue. Et maintenant, je retrouve mon chemin grâce à un autre. Oh, rassurez-vous, fidèles lecteurs, il ne s'est avec lui rien passé que je puisse regretter. Simplement, une amitié qui débute et qui trouble, parce qu'on sait tous les deux qu'on pourrait vivre quelque chose de spécial. On partage des valeurs que je ne partage pas vraiment avec mon copain: une réelle passion pour la nature, un contact privilégié avec les animaux, un goût immodéré pour la liberté et les sommets. On parle des heures, on rit, je me sens légère avec lui, je n'ai pas peur. Par contre, j'ai honte. J'ai honte, parce que j'ai décidé de faire mon possible pour sauver ma relation actuelle, mais que j'entretiens aussi celle que j'ai avec cet autre. Parce qu'elle me fait du bien. Parce qu'elle a ce goût de liberté, de simplicité qui me manque. J'ai honte, parce que je me suis laissée séduire. J'ai honte, parce que mon copain est parfait. On me l'envie, on l'admire. Et moi, je pense à un autre, son opposé, nettement moins parfait, brut de décoffrage, qu'on peinerait, je le crains, à voir à mon bras.

Je vis un combat perpétuel entre ma tête et mon coeur. Ma tête me pousse à rentrer dans le rang, à ne pas baisser les bras, à me battre pour sauver une relation pour laquelle je suis sûre que mon copain fera tout. Mais est-ce cette vie-là que je veux ? Est-ce cette vie-là qu'il mérite? Est-ce que je vais me réveiller de ce cauchemar et à nouveau me sentir épanouie dans ses bras? Je le voudrais, je le voudrais tellement... Mais le temps qui passe ne semble pas vouloir m'aider.

J'aime tellement Amy MacDonald, parce que sa voix m'emplit d'un sentiment nouveau. Elle me transporte, me fait rêver. Je lui ai fait écouter hier, et il m'a dit "ah oui, l'instrumentation est bonne!". Un sourire triste, je lui ai dit que je ne parlais pas de perfection musicale, mais d'émotion... J'ai eu si mal de sentir qu'on n'entendait pas les mêmes choses, et j'ai frémi à l'idée que cela puisse être un signe de mauvais augure...

Vidéo d'Amy MacDonald, reprise de Bruce Springsteen... Parce que moi aussi, je danse un peu dans le noir...

# Posté le dimanche 26 juillet 2009 09:05

Modifié le mercredi 23 septembre 2009 14:19