2 ans, et ma douleur qui ne s'efface pas. Je revois chaque seconde de ce 13 juillet 2007, j'en frémis. Ce jour-là, je me souviens, 2 veaux étaient nés, j'étais seule pour m'en occuper, mais je n'arrivais pas à me réjouir de cette vie qui commençait en eux. J'aurais juste égoïstement voulu qu'elle ne s'arrête pas en toi. Ce jour-là, je pirouettais du regain quand ils m'ont appelé. J'ai arrêté le tracteur, et je me suis laissé tomber par terre, de rage, de tristesse, de désespoir. Même cette odeur de foin, je ne pouvais plus la supporter; tu n'en mangerais plus jamais. Ce jour-là, je me suis assise sous un pommier en rentrant les vaches, je pleurais, je hurlais, j'aurais voulu qu'on me laisse mourir là, dans ce pré. Elles sont venues autour de moi, les vaches. Queen en premier. Elle a mis son gros museau dans mes cheveux, elle me poussait, comme elle aurait poussé son veau s'il n'avait pas voulu se lever. Elle avait compris que j'aurais voulu ne plus me lever. Elle savait, mais elle ne m'a pas laissée là. Une sacrée vache, ma Queen. Tout comme le sera j'espère, Gaïa, sa fille, désormais ma Gaïa...
Tu vois, gamin, j'essaie d'aller de l'avant, de remettre de la vie dans la mienne. Mais je t'avoue que ces jours, je me décourage. Je ne sais pas si je fais juste. Je ne sais pas écouter mon coeur. Peut-être est-ce par qu'un morceau de lui est parti avec toi il y a 2 ans...
Veille sur moi, Brouckli. J'ai tellement besoin de toi!
Une des dernières images de toi, lors de ma visite au Tierspital. Si tu savais comme je déteste cet endroit...