Face à mes choix.

Face à mes choix.
Il est des fois où je m'accroche à ses sourires, alors qu'au fond de moi, ce sont les larmes qui ont envie de ruisseler. Des larmes de doute. Pourtant, je l'aime. Plus que tout. Mais seulement, en moi, il y a aussi tous ces rêves qui se sont bâtis avant lui. Toutes ces envies de ferme, de vaches, d'exploiter. Toutes ces idées, ces projets qui m'ont fait tenir bon dans la tempête. On me dit souvent que je ne devrais pas voir si loin, mais tant pis. C'est grâce à l'avenir que j'ai survécu au présent...

Je savais que son arrivée dans mon coeur et dans mon quotidien nécessiterait que je commence à faire des compromis. Je savais qu'il avait plus d'envergure que moi, et que je ne pourrais plus toujours avoir raison.
Alors je me suis résignée à n'être un jour peut-être que la "femme de", une vraie paysanne, avec les mains noircies par la terre du jardin. Celle qui vivrait dans l'ombre. Puis j'ai compris que même cette place ne me reviendrait peut-être jamais...

"A la base d'une exploitation agricole, il y a un couple."

Parole de mon prof de comptabilité, qui ne sort plus de ma tête. Mes yeux ont tremblé à ces mots.
Ce soir encore, je suis triste. Je ne sais plus pour quels projets je dois me battre, ni vers quel idéal m'orienter. Je ne sais pas s'il me laissera un jour être celle avec qui il décidera. Je ne sais même pas s'il pense à ce "un jour"...

Je ne sais pas ce à quoi il pense. Il m'aime. Bien sûr. Mais a-t-il conscience que les angoisses dont je lui fais part ne tiennent pas du caprice? Voit-il que j'ai viscéralement besoin de savoir où je vais? Sait-il que je me sens comme étrangère à bon nombre de ses choix, et que cela me fait terriblement mal? Sait-il ce que c'est que d'être projetée dans une entité où tout est déjà défini?
Il m'a écoutée. Bien sûr. Pourvu simplement qu'il m'ait aussi entendue...

# Posté le jeudi 25 septembre 2008 16:31

La méfiance est-elle une bonne conseillère?

Je l'avoue: j'ai peur. A chaque instant. Peur de le perdre. Peur qu'il me trahisse. Peur qu'il m'abandonne. Alors je lui donne. Peut-être trop. Je n'en sais rien. Je dois apprendre à lire ses silences. Et le silence, ça aussi ça me fait peur...
J'essaie d'être attentive à ses moindres signes, de le surprendre, de l'entourer. Mais j'ai cette impression étrange que lui semble me penser acquise. Il n'est plus derrière ma porte en plein après-midi. Il ne colle pas de Post-it sur mes affaires. Il ne dit plus rien sur ma mèche de cheveux qui dépasse lorsque je les attache. Il est ailleurs. Et comme je ne sais pas où, là encore, j'ai peur.
J'en attends trop sûrement. Je ne veux pourtant pas le changer. Ses limites, je les connaissais, je les ai acceptées, tout comme il a accepté les miennes.
Je me fiche du clinquant. Je n'ai pas besoin qu'il se mette à genoux. Mais juste qu'il sache combien j'aurais parfois besoin qu'il ne rentre pas dans sa coquille...

# Posté le mercredi 24 septembre 2008 08:12

Une de nos chansons. Cali. Le Noirmont 13.09.2008

Il est resté droit pendant le concert, immobile, comme absent. Puis, il y a eu cette chanson. Et il m'a serrée.

S'il savait que c'est parfois tout ce que j'attends de lui...

Pensons à l'avenir. Cali

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# Posté le samedi 20 septembre 2008 11:48

Des signes. Encore.

Je rentrais de Neuchâtel dimanche. Marre de l'autoroute, je décide de rentrer par Orbe, c'est joli Orbe, et ça change. Je suis Croy, parce que je veux rentrer par Romainmôtier. Et puis, tiens, j'ai le temps, je vais enfin pousser la porte de cette mystérieuse abbatiale. Je me parque, je sors de ma voiture, et j'entends des sabots, comme un écho qui remonte du Nozon, comme une voix qui vient d'ailleurs et qui parle à mon coeur. Une cavalière, à côté de son cheval, pendues à sa selle, des sacoches. Je frémis. Tellement de souvenirs.

Pourquoi a-t-elle passé à côté de moi? Pourquoi ai-je cette impression que ce n'était à nouveau pas un hasard? J'entre dans la cour de l'abbatiale. C'est beau, comme hors du temps. Je pousse la porte. Il fait frais, et dans ces murs, il n'y a pas un souffle. Juste le ciel et moi. Les larmes pleuvent sur mes joues. Cela fait depuis sa mort que je ne suis plus entrée dans une église.

Je trouve un livre, où l'on peut inscrire une prière. Je ne suis pas familière avec tout ça, mais j'ai envie d'écrire.
"Il me semblait que Tu t'étais détourné de mon chemin. Ici, je comprends qu'il n'en est rien! Donne-moi la force de construire quelque chose de solide, et d'avancer avec celui que je pense être l'homme de ma vie. Construire sur du roc, comme Tu le demandes."
Et puis j'ai dit combien j'avais besoin de signes, pour savoir vers quoi le destin allait m'amener. Besoin de repères. Besoin de savoir si des sabots allaient à nouveau marteler ma route. J'ai refermé la porte, et en me retournant, j'ai murmuré que je ne voulais plus pleurer de tristesse dans une église. Et j'ai souri, enfin.

En sortant, l'alezan était là, devant la fontaine. Et soudain, j'ai compris. Tout dans ma tête s'est enchaîné. En une demi-heure, j'avais à nouveau aménagé une place pour un cheval dans ma vie. Une place pour un poulain.

Je vais y laisser toutes mes économies. Je vais prendre des risques pour m'en occuper. Je sais. Je suis inconsciente. Mais c'est la seule chance de salut pour mon avenir, peut-être à long terme pour notre amour aussi. Lui a des passions, un agenda bien rempli, un domaine. Lui, il a quelque chose, bêtement. Je ne veux pas vivre par procuration, ou passer mes journées à l'attendre en finissant par me demander si je passe après tout le reste. Je sais que ce n'est pas le cas, mais une angoissée comme moi en arrive toujours à se poser des questions stupides...

Voilà. J'ai un projet. Fou, mais j'ai un projet.

# Posté le mardi 02 septembre 2008 08:03

Et maintenant?

Et maintenant?
Il reste des interrogations auquel même un amour plus fort ne saura donner d'écho.

Il est de ces jours où mon coeur est comme enserré par les rayons d'un soleil narquois. Ma main dans ta crinière. Ma voix comme ta seule guide. On était heureux, même si l'orage s'abattait d'un coup. On était déjà de grands randonneurs dans nos têtes, prêts à affronter les pires situations. Tant que l'on restait ensemble, rien ne nous inquiétait. On était prêts, et c'est bien ça qui me fait mal.

Il reste dans mon âme comme un goût d'inachevé. Tous ces kilomètres qu'avec toi je n'ai pas parcourus. Ces évasions dont j'aurais tant besoin pour me retrouver parfois, dans la solitude d'une forêt. Ces heures passées à travailler et ces obstacles qui finissent par être franchis. Ces difficultés, ces impasses, ces réponses qu'on ne trouve qu'en devenant un peu humbles, un peu cheval.

J'ai essayé de combler ce vide. J'ai tenté de renouer avec les hommes plutôt que de fuir me réfugier entre des sabots. Mais parfois, j'échoue. Parfois, je voudrais reparler cheval. Murmurer. Parfois, tu me manques. Tellement.

Parfois, mes doigts composent ce numéro. Parfois, ils se disent que remettre un pied dans un étrier un an après, cela ne serait pas te manquer de respect. Parfois, ils voudraient sentir à nouveau glisser contre eux le cuir d'une rêne. Trop souvent, ils n'osent pas.

Que dois-je faire mon grand?

# Posté le jeudi 28 août 2008 15:32