On peut me trouver bizarre. Bizarre de parler encore à un cheval qui ne vit plus que dans mon coeur. Bizarre de l'avoir aimé plus que moi-même. Bizarre d'en parler avec des sanglots dans la voix. On peut me prendre pour une folle. Ca m'est égal.
On peut me trouver nouille de déballer mes angoisses, mes doutes, mes folies à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, à n'importe qui. On peut me trouver légère, superficielle, inintéressante même. Tant pis.
On peut ne pas vouloir chercher ce qui se cache derrière mes boucles brunes, derrière mes coups de coeur passionnés, derrière mes engagements, mes envies d'élever des vaches qui ne font pas de cadeaux.
Ceux qui l'ont fait pourtant ont compris. Ils ont vu les blessures, les sanglots qui ont marqué ma chair jusqu'au plus profond de mon être. Ils savent que si aujourd'hui je dis tout haut ce que j'ai toujours pensé trop bas, c'est parce que la souffrance m'a révélée, m'a transcendée de ce que j'avais de plus "moi", dans ce que j'étais intimement.
On m'a reproché d'écrire dans ce blog. Non. Pas des reproches. Des avertissements. "Tout de même, une présidente de parti qui laisse éclater au grand jour ses doutes, ses chagrins! Et si ça ressortait dans la presse?"
On s'est étonné de ma facilité à porter des décolletés.
On s'est interrogé sur mes idées de faire de la PC. Une femme! Volontaire!
On se demande ce qui m'a pris de commencer à faire de la politique. A droite en plus!
On me dit hyperactive.
Alors voilà. J'ai un scoop pour vous. Moi, c'est tout ça. C'est des envies d'écrire pour ceux qui ne savent pas ce qui se trame dans les tréfonds de mon âme, de mon corps, de mon quotidien. Des envies d'être vraie, de ne rien cacher, parce que non, je ne sais pas mentir. Surtout pas à vous, surtout pas à moi. Et tant pis si ça nuit à ma carrière de politicienne. Je vais même être plus claire. Je m'en fous.
C'est des envies de porter des bottes et d'avoir les cheveux pleins de poussière, les ongles crades, la mine défaite, et de charmer malgré tout . J'aime ces deux côtés de ma personnalité, tantôt séductrice, tantôt collègue effacée. Et tant pis pour ceux qui me prennent pour une provocatrice sans neurones Je vais même être plus claire. Ca me fait marrer.
C'est des envies de m'engager en politique, de me frotter aux idées, de me brûler les ailes peut-être, d'être trop honnête certainement. Et tant pis pour ceux qui ne pensent pas qu'une femme puisse avoir des responsabilités autres que remplir le frigo. Je vais même être plus claire. Ca me plaît de déranger.
C'est des envies de me rendre utile à la communauté de manière plus physique. D'apprendre à me dépasser pour un jour peut-être devenir celle qui fera le geste qui changera tout dans la vie de quelqu'un. Je vais même être plus claire. J'adore cette aventure.
Bien sûr. Les blessures ne sont pas complètement refermées, les douleurs sont encore parfois lancinantes. Bien sûr. Je ne sais plus aimer, je ne sais plus y croire. Je cherche juste des histoires qui consolent, qui rassurent quelques heures, jours, semaines...
Bien sûr. Mais j'avance, car je me suis enfin acceptée. Avec mes doutes, mes peines, mes forces.
Terriblement seule. Mais sur la bonne route.